Entretien avec Mai Li : Avant d'optimiser votre santé, reconnectez-vous à votre corps

Entretien avec Mai Li : Avant d'optimiser votre santé, reconnectez-vous à votre corps

Mai Li, praticienne en médecine traditionnelle chinoise, explore le lien entre les émotions, le système nerveux et la santé à long terme, et explique pourquoi une véritable optimisation commence par apprendre à écouter son corps.

Les étapes du vieillissement cellulaire Lecture Entretien avec Mai Li : Avant d’optimiser votre santé, reconnectez-vous à votre corps 8 minutes

Une conversation sur les émotions, le système nerveux et les raisons pour lesquelles la pleine conscience pourrait constituer le fondement d'une bonne santé à long terme.

« Nous sommes devenus très doués pour chercher des réponses à l’extérieur de nous-mêmes, mais nous apprenons rarement à écouter notre propre corps. » - Mai Li

Nous n'en avons jamais su autant sur notre santé.

Nous pouvons estimer notre âge biologique, surveiller notre sommeil, mesurer la variabilité de notre rythme cardiaque et suivre presque tous les aspects de notre vie quotidienne. Nous avons accès à davantage d'informations, de diagnostics et de conseils en matière de santé que n'importe quelle génération avant nous.

Pourtant, malgré toutes ces connaissances, nous sommes nombreux à avoir du mal à répondre à une question bien plus simple :

Comment je me sens vraiment aujourd'hui ?

Ce n'est pas ce que m'indique ma montre connectée.

Ce n'est pas ce qu'indique ma prise de sang.

Mais ce que mon propre corps essaie peut-être de me dire.

Cette question a été au cœur de notre entretien avec Mai Li, praticienne en médecine traditionnelle chinoise et formatrice, dont les travaux portent sur les liens entre les émotions, le système nerveux et la santé à long terme.

Bien que sa pratique s'inscrive dans le cadre de la médecine traditionnelle chinoise, ce qui m'a le plus marqué n'était pas un traitement ou une philosophie en particulier.

C'était une façon totalement différente d'envisager la santé.

Un processus qui commence par la prise de conscience.

Rentre d'abord à la maison

Tout au long de notre conversation, Mai est revenue sans cesse sur une idée simple :

« Rentre d'abord à la maison. »

Pas « chez soi » au sens de lieu.

La maison, c'est comme ton corps.

La médecine moderne offre des moyens de diagnostic, des traitements et des technologies remarquables. Mais à mesure que notre capacité à évaluer notre état de santé s'est améliorée, nous sommes nombreux à nous être de plus en plus éloignés de l'expérience de vivre dans notre propre corps.

Nous cherchons les réponses à l'extérieur.

Un nouveau supplément.

Un régime alimentaire différent.

Encore un appareil portable.

Un autre protocole.

Aucune de ces choses n'est mauvaise en soi. Elles peuvent apporter des informations précieuses et un soutien utile.

Mais avant de se demander « Que dois-je emporter ? », Mai nous encourage à commencer par autre chose :

Qu'est-ce que mon corps essaie déjà de me dire ?

Nous sommes devenus des experts en matière de mesure, mais nous en sommes encore à nos débuts en matière de prise de conscience.

Les données doivent permettre d'approfondir la prise de conscience, et non la remplacer

Aujourd'hui, on peut tout mesurer ou presque.

Indices de sommeil. Glycémie. Variabilité de la fréquence cardiaque. Apport en protéines. Nombre de pas. Récupération.

Ces outils peuvent s'avérer extrêmement utiles. Ils permettent de mettre en évidence des tendances, de prendre de meilleures décisions et de mieux comprendre des changements qui, sans cela, passeraient inaperçus.

Mais Mai estime que les données ont le plus de valeur lorsqu'elles nous rapprochent de nous-mêmes plutôt que de nous en éloigner.

« Les gens ont perdu la capacité de ressentir leur corps. »

À quand remonte la dernière fois où vous avez vraiment eu faim ?

À quand remonte la dernière fois où vous vous êtes réveillé en vous sentant vraiment reposé ?

À quel moment te sens-tu serein ?

À quel moment te sens-tu tendu ?

Ces questions peuvent paraître simples, mais elles mettent en lumière quelque chose que beaucoup d'entre nous ont oublié :

Notre corps communique avec nous en permanence.

Le corps murmure avant de crier

Le burnout, la fatigue persistante et le stress chronique apparaissent rarement du jour au lendemain.

Les changements s'opèrent souvent progressivement.

Votre sommeil devient plus léger. Votre appétit change. Vous serrez les mâchoires. Votre niveau d'énergie varie. Vous avez plus de mal à vous concentrer ou à récupérer après une journée éprouvante.

Les changements au niveau de l'appétit, du sommeil, du niveau d'énergie ou de la concentration peuvent avoir de nombreuses causes et ne doivent pas être négligés. Ils peuvent nécessiter un accompagnement professionnel ou médical adapté.

Mais elles peuvent aussi nous inciter à faire une pause, à être à l'écoute et à rechercher l'aide appropriée plutôt que de simplement persévérer à tout prix.

« Le corps nous envoie sans cesse des signaux. Lorsque nous ne prêtons pas attention à ces messages, il lui arrive parfois de devoir recourir à des signaux plus forts pour attirer notre attention. »

Cette perspective change la donne.

Au lieu de demander tout de suite :

Comment faire pour que ça disparaisse ?

On pourrait également se demander :

Qu'est-ce que ce changement m'invite à remarquer ?

L'observation précède le changement

Une idée issue de notre conversation nous est restée à l'esprit longtemps après qu'elle se soit terminée :

L'observation précède la compréhension.
La compréhension précède le changement.

On a souvent tendance à se précipiter directement vers les solutions.

Quel complément alimentaire devrais-je prendre ?

Dois-je jeûner ?

Devrais-je faire plus d'exercice ?

Est-ce que je devrais méditer ?

Mais Mai encourage les gens à prendre leur temps avant de chercher à optimiser.

Commencez par observer.

Comment te sens-tu après avoir mangé ?

À quels moments votre énergie augmente-t-elle et diminue-t-elle naturellement ?

Vous sentez-vous suffisamment en sécurité pour vous reposer ?

Comment votre corps réagit-il en période de stress ?

Sans observation, il est difficile de comprendre ce dont votre corps a réellement besoin.

Ton corps n'appartient pas aux autres

L'une des analogies préférées de Mai est celle du jardin.

Imaginez que vous entriez dans un jardin et que vous remarquiez qu'une plante commence à flétrir.

Avant de l'arroser, d'y ajouter de l'engrais ou de le mettre au soleil, vous vous poseriez naturellement la question suivante :

De quelle plante s'agit-il ?

Chaque plante a besoin de conditions qui lui sont propres.

Un sol différent.

Les différentes saisons.

Des soins différents.

Pourtant, en matière de santé, on part souvent du principe que le même protocole devrait convenir à tout le monde.

La même routine de jeûne.

Le même complément.

Le même programme d'exercices.

Toujours le même rituel du matin.

Mai remet doucement en question cette hypothèse.

« Nous passons tellement de temps à nous renseigner sur l'arrosage, les engrais et les outils. Nous prenons rarement le temps de nous demander de quel genre de jardin nous nous occupons réellement. »

La santé est une question profondément personnelle.

Avant de reproduire la routine de quelqu'un d'autre, il faut d'abord apprendre à connaître son propre corps.

Parfois, ce sont les questions les plus simples qui en révèlent le plus

Une question que Mai pose souvent dans le cadre de son activité est étonnamment simple :

« À quand remonte la dernière fois où tu as eu vraiment bon appétit ? »

Ce n'est pas ce que tu as mangé.

Ce n'est pas la quantité de protéines que tu as consommée.

Ce n'est pas le nombre de calories que contenait le repas.

En bref :

Tu avais vraiment faim ?

Pour Mai, l'appétit ne se résume pas à la nourriture. Il peut également refléter à quel point nous sommes à l'écoute des signaux naturels de notre corps.

Dans un monde où nous sommes nombreux à manger en fonction de notre agenda, de nos réunions ou de nos habitudes, prendre conscience de la faim peut être un petit pas pour commencer à renouer avec nous-mêmes.

Non pas comme une règle de plus à respecter, mais comme une invitation à y prêter attention.

La guérison ne consiste pas toujours à ajouter davantage

La culture moderne de la santé laisse souvent entendre que la solution réside dans l'ajout d'un élément.

Encore un complément.

Une autre habitude.

Une autre intervention.

Une autre stratégie d'optimisation.

Mai voit les choses autrement.

« Une grande partie de la guérison réside dans le fait de ne rien faire. »

Parfois, le soutien, c'est simplement finir de dîner plus tôt.

Dormir plus longtemps.

Se promener sans son téléphone.

Rester assis tranquillement pendant vingt minutes.

Prendre conscience de sa respiration.

Se permettre de se reposer.

Ou tout simplement en prêtant attention à ce que votre corps essaie de vous dire.

« Simple » ne veut pas dire « insignifiant ».

Souvent, ce sont les pratiques les plus simples qui constituent le fondement sur lequel tout le reste repose.

Nous ne nous attendons pas à ce que la nature fleurisse toute l'année

Une autre idée qui m'a profondément marquée est la réflexion de Mai sur les saisons.

Dans la nature, il y a des périodes de croissance.

Périodes de récolte.

Périodes de repos.

Personne ne s'attend à ce qu'un arbre donne des fruits tous les jours de l'année.

Et pourtant, nous sommes nombreux à attendre exactement cela de nous-mêmes.

Une productivité constante.

Une motivation constante.

Une énergie constante.

Une optimisation constante.

Mais le fait de se remettre n'est pas forcément le signe que quelque chose ne va pas.

C'est peut-être tout simplement inhérent à la condition humaine.

Retour à la maison

Chez Global Glow, nous consacrons beaucoup de temps à réfléchir à la prévention, à la préparation et au rétablissement.

Ces entretiens portent souvent sur la nutrition, l'activité physique, le sommeil et les changements de comportement.

Notre conversation avec Mai nous a rappelé que, derrière tous ces fondements, se cache quelque chose d’encore plus fondamental :

Sensibilisation.

Avant d'optimiser, de personnaliser ou d'intervenir, nous devons d'abord renouer le contact.

Renouons avec notre corps.

Renouons avec nos émotions.

Renouons avec ces signaux que nous avons peut-être mis des années à apprendre à ignorer.

La médecine n'a jamais été aussi avancée. Nous en savons plus que jamais sur le vieillissement, et nous disposons de moyens de diagnostic, de traitements et de technologies extraordinaires.

Mais peut-être que l'avenir de la santé ne se définira pas uniquement par ce que nous sommes capables de mesurer.

Peut-être sera-t-elle également influencée par quelque chose de bien plus ancien.

La capacité à remarquer.

À noter.

Pour comprendre.

Pour retrouver notre moi profond.

Comme Mai nous l'a rappelé tout au long de notre conversation :

« Rentre d'abord à la maison. »

À propos de Mai Li

Mai Li est acupunctrice, formatrice et praticienne en médecine traditionnelle chinoise. Son travail porte sur les liens entre les émotions, le système nerveux et la santé à long terme. À travers la formation, le récit et la pratique clinique, elle encourage chacun à renouer avec son corps et à appréhender la santé par la prise de conscience, l'équilibre et l'expérience personnelle.

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